JDA, Olivier Meunier : Compléter une ossature de qualité
22/06/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 254 | Par Aurélien Gaudriot
Entre deux remises de médailles du Grand Dijon et du Conseil général, le staff du club est en pleine réflexion pour la confection d’un groupe capable d’obtenir son maintien en Pro A. Olivier Meunier, directeur exécutif, affiche une totale sérénité.
LA GAZETTE : La JDA Dijon a réussi son pari de remonter en Pro A, une saison seulement après être descendu de Pro B. La finale perdue contre Nanterre n’a pas dû entamer votre satisfaction ?
OLIVIER MEUNIER : La priorité était la remontée en Pro A. Nous avons pu la fêter une semaine avant. Après un début de saison sportivement extraordinaire et une période de creux pendant l’hiver où l’on avait un peu le doute, on a remis les choses en place en continuant de travailler dans la sérénité. Remonter en un an, peu de clubs y sont parvenus. Les deux derniers sont Pau et Paris. Limoges a mis au moins dix ans à le faire ! C’est une belle réussite malgré cette finale… C’est toujours dommage de perdre mais il y avait un trop gros décalage sur l’importance du match. Nous n’étions pas dedans. Ce n’était pas un vrai match de finale.
Quels ont été les moments clés de la saison ?
Pour moi, les moments clés ont eu lieu au mois de juillet l’année dernière avec l’arrivée de Jean-Louis Borg, qui était une priorité pour le club et pour moi-même car je voulais travailler avec quelqu’un qui connaissait le métier et la Pro B. Nous avons effectué un bon recrutement avec un budget qui tenait la route. Même dans les moments difficiles, nous sommes restés sereins et solidaires. Contrairement à ce qui a été dit dans la presse ces derniers jours, c’est la victoire de tout un club, de la secrétaire à l’intendant, au kiné, au staff médical, des partenaires, des collectivités. Pas seulement la victoire de douze joueurs et un coach.
En cas de non remontée, auriez-vous conservé Jean-Louis Borg et quel aurait été l’impact sur le club ?
J’avais un principe et je l’ai dit au président, c’est qu’il faut respecter les contrats. En cas d’erreur de casting, il faut rentrer en discussion avec les joueurs, les agents. Il est hors de question de faire comme à une époque où l’on faisait un chèque pour se séparer de quelqu’un sur un coup de colère… Aujourd’hui, on suit attentivement les finances. Le coach, on lui donne un budget, et on le suit. Cet hiver, on devait acheter un joueur mais la DNCCG nous a répondu que c’était hors de question. C’était logique. Il s’agissait de ne pas mettre le club en péril. Il faut faire avec l’argent que l’on a. En ce qui concerne le coach, il lui reste un contrat d’un an avec une année renouvelable. Si le club était resté en Pro B, il serait resté avec nous car il avait annoncé qu’il s’agissait d’un énorme risque d’annoncer à tout le monde que l’on veut remonter en un an. On a réussi, tant mieux pour nous.
Avec seulement une saison passée en Pro B, vous aurez l’avantage de ne pas partir dans l’inconnu en Pro A…
On va arriver en Pro A avec moins de surprises. On connaît le fonctionnement. Mais nous allons peut-être adapter des choses de Pro B… Par exemple, on ne dépensera pas l’argent que nous n’avons pas. On va serrer les budgets, on contrôle les dépenses. Sur les recettes, le partenariat fonctionne bien et les collectivités suivent. Comme l’a confirmé François Rebsamen, il va réaccorder une subvention à la hauteur de ce que nous avions en Pro A.
Avec le retour en Pro A, on va retrouver une équipe Espoirs de la JDA. Qui sera en charge de cette équipe ?
Même en Pro B, on est toujours agréé centre de formation car on a toujours des cadets et minimes France. L’entraîneur du centre de formation, Julien Marchand, sera toujours le coach des Espoirs avec un suivi de Julien Mahé et de Jean-Louis Borg. On va prendre des jeunes essentiellement du cru pour les apporter à haut niveau. Et, c’est un scoop, on fait revenir en tant qu’assistant du centre de formation Willem Laure (formé à la JDA Dijon). Il vient d’avoir son BE1 (brevet d’état 1er degré).
L’objectif sera forcément le maintien ?
Quand François Rebsamen dit que Michel Renault la joue à la Guy Roux pour le maintien… Il faut faire très attention. On voit Limoges monter avec un gros budget et qui ne s’en sort pas… L’an prochain, on va se contenter d’en mettre deux derrière. Une fois que ce sera chose faite, si on peut aller plus haut, on ne se gênera pas.
Pour cela, il faudra renforcer l’équipe… Comment la JDA va-t-elle s’y prendre ?
On avait un groupe qui pouvait jouer le haut de tableau en Pro B mais on a vu que cela pouvait être délicat. Notre groupe avait été renouvelé à 80 %, dirigé par un nouvel entraîneur, un nouveau système de jeu… Aujourd’hui, les joueurs ont assimilé tout ça. On a des joueurs sous contrat. Les Français en particulier. Nous avons droit à cinq joueurs étrangers. Des Jérémy Leloup, Samba Dia, David Mélody qui sont des joueurs qui ont le niveau, et des jeunes comme Lens Aboudou, Ferdinand Prénom, Benjamin Monclar… Tout dépend de la configuration que l’on veut donner à l’équipe. On a une ossature qui tient la route, à compléter avec des joueurs capables de jouer en Pro A.
Le choix des Américains sera primordial ?
La différence entre joueurs français et américains, on peut plus facilement négocier une rupture de contrat. Ils n’ont pas la même mentalité. On va faire notre « marché », on a déjà quelques petites idées mais on met les prix en face. En Pro B, on était le plus gros budget donc on nous proposait des joueurs très chers. En Pro A, le même joueur que l’on proposera à Villeurbanne, on ne le proposera peut-être pas à Dijon au même prix… C’est un avantage. Nous venons de finaliser le budget et je ne suis pas inquiet sur la conception de l’équipe.
Quels sont les secteurs de jeu que la JDA doit renforcer en priorité ?
On a besoin d’un shooteur, d’un meilleur secteur intérieur. Quand on voit la finale Pro A Cholet-Nancy, avec des Américains comme Akingbala (2m 08) qui court comme un lapin… Des ailiers-shooteurs qui marquent des points, un meneur de jeu qui est capable de faire la différence à lui tout seul. À tous les postes, nous avons des joueurs français et nous pouvons compléter à tous ces postes par des joueurs étrangers. Nous n’allons certainement pas recruter de joueurs français. Il faut que les joueurs recrutés correspondent au système de jeu que le coach veut mettre en place. On peut avoir un très bon joueur offensif, mais qui ne correspondra pas au jeu que Jean-Louis Borg souhaite. Si le joueur n’a pas envie de défendre, Jean-Louis ne le prendra pas dans son équipe. Il faut créer un groupe avec des joueurs qui veulent jouer les uns avec les autres.
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