Patrice Carteron Hâte de retrouver le terrain
29/06/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 255 | Par Aurélien Gaudriot
Comme dans plusieurs autres clubs de Ligue 1, c’est la reprise ce lundi au Dijon Football Côte-d’Or (18h). Les Dijonnais passeront une batterie de tests avant de se lancer pour un mois de préparation. Patrice Carteron, heureux de retrouver son groupe, fait le point sur l’actualité dijonnaise.

LA GAZETTE : Patrice, avec un peu de recul, quelle image gardez-vous en tête de la saison dernière ?
PATRICE CARTERON : Il y en a deux. Au niveau visuel, c’est la foule au bord du bus à impériale. C’était un moment somptueux. Au niveau sensations, c’est le niveau d’intensité qu’il a pu y avoir sur les dernières journées, où nous avons été portés par le public à domicile. C’était quelque chose que tout le monde pensait impossible à Dijon. J’ai vécu ça de manière très intense et j’ai trouvé cela magnifique.
On imagine que les vacances ont dû être courtes avec le Mercato… Êtes-vous tout de même impatient de retrouver le chemin de l’entraînement après cette courte pause ?
Non, je n’ai pas eu beaucoup de vacances. Globalement, j’ai hâte de retrouver le terrain. Travailler à l’intersaison ne me déplaît pas mais je préfère être sur le terrain avec les joueurs.
Pouvez-vous, une bonne fois pour toute, nous éclaircir cette « affaire des SMS » ?
C’est très simple. 48 heures après la montée, j’avais décidé de voir tous les joueurs individuellement. J’ai expliqué à certains qu’il serait certainement difficile de prétendre être titulaire en Ligue 1 et qu’il valait peut-être mieux profiter de la montée pour aller chercher un contrat ailleurs… Ce qu’a parfaitement compris Stéphane Morisot qui s’est engagé à Rouen, avec l’aide du club. Les joueurs concernés ont reçu une lettre recommandée avec accusé de réception leur expliquant qu’ils ne reprendraient pas l’entraînement sous ma direction. Et ils ont reçu également un SMS. Un joueur (Alexis Zywiecki) s’est servi de ça pour un peu se venger. Je me suis expliqué avec lui, je lui ai dit que ce n’était pas bien d’avoir créé le buzz autour d’une affaire qui ne correspond pas à la réalité.
Comment sera planifiée la préparation ?
Il y aura une première phase où l’on va pousser les choses au niveau médical avec un passage chez le cardiologue, le docteur du club, le facia-thérapeute, le podologue, le dentiste, l’ophtalmologiste… Une batterie de tests pour recueillir un maximum d’éléments sur les joueurs avant de partir à Luxeuil-les-Bains. Avant de travailler dur, il faut s’assurer que les joueurs vont bien et de leur état de fraîcheur. À Luxeuil-les-Bains, il y aura du travail sans ballon (travail d’intermittence). On fera peu d’endurance fondamentale, ce n’est pas vraiment mon dada. Très rapidement, nous aurons des matchs amicaux (8 au total) qui feront évoluer tranquillement les joueurs physiquement.
Comment avez-vous fait le choix des matchs amicaux ? Pour quelles raisons ne retrouve-t-on qu’un seul club de Ligue 1 (Sochaux) ?
C’est une volonté de ma part pour brouiller les pistes, afin qu’il y ait peu d’éléments de comparaison par rapport aux équipes françaises. J’espère que cela nous apportera un petit plus. Pour le choix des matchs, nous travaillons avec des intermédiaires qui sont chargés d’organiser des matchs. J’avais fait une demande pour avoir le plus d’équipes étrangères possible. Pour l’ordre, j’ai été un peu plus attentif sur les deux derniers matchs (30 et 31 juillet) pour que tout le monde ait du temps de jeu.
Lors d’une préparation, quels sont les pièges à éviter ?
C’est tout simplement d’adapter au mieux le travail pour ne pas avoir de blessés lors de la préparation. C’est le plus important.
Le DFCO n’a pas traîné sur le marché des transferts après le départ de Sebastian Ribas. Quelle ligne de conduite vous êtes-vous fixée ?
Le but est d’avoir la meilleure équipe possible avec nos moyens. On essaye de faire des coups, de miser sur des valeurs sûres. Ce n’est pas simple pour nous car nous n’avons pas un gros budget. Il faut s’adapter.
L’arrivée de Grégory Thil est actée. Qu’en est-il de la piste menant au Brésilien Ilan ?
Nous avons été en discussion. Maintenant, on verra ce qu’il va se passer. Je ne veux pas que l’on fasse n’importe quoi. Avec le budget que l’on a, on ne peut pas se le permettre… Il y a des joueurs comme Mandanne et Caceres qui ont une belle carte à jouer aussi. Je n’ai pas envie de les cramer en prenant trop de joueurs.
En engageant des joueurs comme Ilan ou Matsui (tous deux pistés), qui sont en difficulté actuellement dans leurs carrières, ne craignez-vous pas l’erreur de casting ?
Je ne le vis pas comme ça. Je pense au contraire que c’est l’occasion pour nous de faire des coups et de relancer des joueurs qui ne demandent que ça…
Au niveau du dossier Younousse Sankharé, toujours pas d’évolution ?
Malheureusement non. Je suis très embêté dans la mesure où Alain Roche (directeur sportif du PSG) n’a pas de nouvelles des Qataris… Je suis un peu coincé. Cela me pose énormément problème car j’ai vraiment hâte qu’il nous rejoigne rapidement. Avant l’arrivée des Qataris, nous étions proches de trouver une possibilité avec le PSG.
Vous n’avez pu retenir Ribas. Par contre, les autres cadres courtisés, comme Corgnet et Bauthéac, sont restés. Vous aviez mis votre veto d’entrée ?
Je ne suis pas stupide pour ne pas connaître la valeur de mes joueurs. Nous avons eu une proposition de Nice pour Benjamin Corgnet. On ne va pas laisser partir notre meilleur élément chez un concurrent direct pour une somme modique (1,5 million d’euros). Il vaut 6 millions d’euros, et je pense qu’il en vaudra 10 millions dans un an.
Le retour de Souprayen, cela ressemble à un bon coup ?
Oui, c’était ma volonté dans la mesure où le poste de latéral gauche est très difficile à trouver. Je crois énormément en lui. C’est un joueur intelligent tactiquement. Il a certainement besoin de la confiance de son coach, chose qu’il n’avait pas à Rennes (avec Frédéric Antonetti).
En moyenne, un promu sur trois fait l’ascenseur. Quels sont les ingrédients pour se maintenir et avez-vous un modèle en Ligue 1 ?
Je pense qu’il faut s’inspirer d’un club tel que Valenciennes. Quand ils sont montés, ils ont su garder l’état d’esprit qui faisait leur force et qui leur a permis d’arriver à se maintenir. Sans trop de moyens, ils sont parvenus à se maintenir depuis plusieurs saisons. C’est l’exemple à suivre.
En Ligue 2, le DFCO avait un style de jeu offensif. Comptez-vous changer votre style de jeu face aux cadors de Ligue 1 ?
On part sur un mini-championnat avec huit équipes. Il faudra en laisser trois derrière nous. Je sais que ça ne va pas être simple. Nous sommes partis pour atteindre la 17eme place. Ce sera un combat de tous les instants. Il y a un certain nombre de matchs où, quelque part, on aura tout à gagner. Et non pas rien à perdre. J’ai horreur de cette expression. Plutôt que passer son temps à défendre et, à la fin, d’être déçu d’avoir perdu 1-0 sans avoir joué, autant faire notre jeu. Restons fidèles à nos valeurs.
Vous allez renforcer votre travail thérapeutique cette saison. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces méthodes de faciathérapie ?
J’ai travaillé pendant des années en individuel avec quelqu’un qui est facia-thérapeute. Alors que j’aurais dû mettre fin à ma carrière à 27 ans, il m’a permis de jouer jusqu’à l’âge de 35 ans sans aucun souci. Il s’occupe de Didier Drogba, Florent Malouda, Salomon Kalou, Mickael Essien… Il l’a été aussi pour Eric Carrière. Cet apport a permis que, des cinq championnats européens majeurs, le DFCO a été le club où il y a eu le moins de blessés… Un joueur qui va bien physiquement, forcément il va bien dans sa tête .
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