Rémi Delatte : Les centristes ne tirent pas contre leur camp
29/06/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 255 | Par Denis Guey
Retrouvez chaque semaine les meilleurs moments du Rendez-vous politique France Bleu Bourgogne – La Gazette. Lundi, Denis Guey recevait Rémi Delatte, député UMP de Côte-d’Or, maire de Saint-Apollinaire.

DENIS GUEY : « Dimanche 17 juin 2007, il est 20 H 30, je suis élu. » Ainsi commence le petit livre que vous venez d’écrire pour rendre compte à vos électeurs de quatre ans de mandat à l’Assemblée nationale. L’ouvrage s’intitule Rémi Delatte, un député à vos côtés. Il est vendu 5 euros. Où va cet argent ?
RÉMI DELATTE : Le livre a été édité par l’association « La 2 en mouvement », l’association que j’ai créée sur la deuxième circonscription, 5 euros c’est le coût de revient du livre et cela va à cette association.
Quatre pages sont consacrées à Nicolas Sarkozy, mais c’est un encensement du président de la République. Vous parlez de sa détermination, son sang-froid, son courage, son audace, son autorité naturelle, son sens de l’État, son sens du dialogue. Je me dis, Rémi Delatte n’est pas sarkozyste, il est sarkophile…
Il y a tellement de monde qui critique le président de la République que je suis heureux d’être parmi ceux qui reconnaissent ses qualités. On ne peut que se féliciter du grand travail de réforme de la France qui a été engagé et également de la façon dont il a géré les crises. Il a eu effectivement beaucoup de sang-froid, beaucoup de pragmatisme pour répondre aux difficultés. Aujourd’hui, je crois que sur le plan économique, sur le plan du chômage, il y a une inversion des tendances qui est tout à fait favorable à la France.
Vous ne trouvez rien à reprocher à Nicolas Sarkozy ?
Si vous aviez lu tout le chapitre de mon livre qui lui est consacré, vous auriez vu que je lui reproche des postures qui sont agaçantes. Il va toujours très vite, il anticipe parfois trop par rapport au travail parlementaire, et même par rapport à la position du gouvernement, et çà, ce n’est pas toujours facile à suivre. Mais la forme ne doit surtout pas occulter le fond.
Vous avez été membre de l’UDF. Avec la création de l’Alliance centriste ce week-end est-ce qu’à votre avis les centristes jouent contre leur camp ?
Je ne pense pas qu’ils tirent contre leur camp. Il y a une vraie place pour les centristes, je suis moi aussi centriste. Je dis simplement attention, il y aura des échéances importantes en 2012, et il faut que l’initiative n’apparaisse pas comme une division de la majorité qui compromettrait le résultat de la présidentielle.
Vous venez de dire je suis centriste, mais vous êtes UMP aussi. Vous avez gardé un état d’esprit et un cœur centristes ?
Tout à fait mais je reste UMP. Je suis attaché aux valeurs centristes humanistes et républicaines, par contre je suis très à l’aise au sein de l’UMP parce qu’il y a des échanges. On voit la richesse de ce travail lors des conventions UMP où l’on profite de nos différentes sensibilités, sans division.
Aux législatives de 2007, vous avez été assez largement élu face à la socialiste Colette Popard. La deuxième circonscription est à droite depuis plus d’une vingtaine d’années. Est-elle devenue une forteresse imprenable ?
Non, je n’ai pas le sentiment de vivre dans un territoire qui soit de droite. Les électeurs aiment tout simplement des candidats qui soient de proximité et de vérité. Je pense que c’est ma règle. Et je ne me force pas.
Vous serez candidat aux législatives de 2012 ?
Oui, mais je suis très réaliste. Je ne suis pas de ceux qui intriguent pour des postes. J’ai saisi des opportunités quand elles se présentaient. Et j’ai le sentiment de pouvoir au moins briguer encore un mandat.
Quel est le projet ou la proposition de loi « made in Rémi Delatte » que vous êtes fier d’avoir vu aboutir ?
Dans le domaine de la santé, j’ai obtenu que les étudiants de 3ème cycle puissent assurer des remplacements aussi bien en secteur libéral qu’hospitalier, ce qui a été voté à l’unanimité par l’Assemblée. C’est une avancée importante qui incitera les jeunes à aller dans des secteurs ruraux. On a aussi travaillé pour lutter contre la recrudescence des vols de cuivre. Désormais toutes les transactions de cuivre sont interdites en numéraire et doivent se faire par moyens de paiement bancaire. Et on sera obligé de recourir à la déclaration par un tiers auprès du fisc .
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