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Un été en Bourgogne

20/07/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 258 | Par redaction

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Pour celles et ceux qui ne veulent pas bronzer idiot tout en passant d’agréables moments, la Bourgogne est une mine de propositions. Avec la collaboration de la revue Bourgogne Magazine, qui publie deux précieux guides (voir notre encadré), la Gazette de Côte-d’Or vous propose une sélection de suggestions qui, même sans la mer, ne manquent pas de sel.

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02-Sne_Tournus4Miopie
03-BOURBON-THERMES-copie
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SAÔNE-ET-LOIRE CHALON (71)
Un week-end dans la rue

C’EST L’ÉVÉNEMENT sans doute le plus populaire de Bourgogne. Depuis un quart de siècle, fin juillet, 200 000 à 300 000 personnes respirent l’ambiance délirante de Chalon dans la rue. Avec pas moins de 170 compagnies, ce festival se savoure autant dans le in que dans le off. L’esprit participatif est de mise. Certaines troupes n’hésitent pas à inclure les spectateurs dans leur mise en scène. Quand l’art est dans la rue, chacun se sent alors l’âme d’un artiste. Du 20 au 24 juillet, on vous conseille plus particulièrement les Folles nuits de l’Abattoir, lieu de résidence habituel de quelques fameuses troupes. Par le passé, Chalon dans la rue a en effet consacré quelques grandes compagnies comme Royal de Luxe. Surtout, il est un excellent prétexte pour apprécier les charmes de Chalon-sur-Saône, l’évocation historique de ses maisons à pans de bois, la paix intérieure qui semble habiter la lymphatique Saône, la dimension gourmande d’une ville qui regorge de bonnes tables (île Saint-Laurent, rue de Strasbourg notamment), toutes dignement arrosées par les crus de sa côte viticole toute proche.
www.chalondanslarue.com .

TOURNUS (71)
Son roman gourmand

TOURNUS est une ville très agréable à vivre l’été. En premier lieu parce qu’elle a su retirer de feue la route nationale 6 (aujourd’hui départementale), le dynamisme qu’il faut pour devenir (devant Beaune peut-être), la cité à la plus forte densité gastronomique en Bourgogne. Parmi une dizaine de chefs de grande qualité (Michel Carette aux Terrasses, Florian Giraud à Ozenay, Frank Chabaud au Rempart, l’étonnante Auberge des Gourmets à Le Villars, Meulien, etc.) on ne peut s’empêcher de s’intéresser au cas de Yoann Chapuis. D’un coup de baguette magique, il a su redonner au légendaire établissement Greuze (c’est aussi le nom du grand peintre natif de Tournus), le charisme que le regretté Jean Ducloux avait emporté avec lui il y a quelques années. Mais Tournus est un endroit idéal pour bien digérer en marchant. L’art roman vous incite à retrouver la foi, alors le pays alentour est une véritable source d’inspiration pour l’artisanat d’art. Allez voir la grande et belle abbaye, quittez la Saône et rejoignez la Seille jusqu’à la Truchère pour apprécier ce que réserve naturelle veut dire, flânez dans le proche village du livre à Cuisery, suivez les routes sinueuses dans la terre rebondie des vignobles du Mâconnais, partez à la recherche d’une belle église romane (Chapaize) et de quelque château fantastique (Brancion)…
Vous ne serez jamais déçu.
www.tournugeois.fr .

BOURBON-LANCY (71)
Jackpot au pays des eaux

LES EAUX de Bourbon-Lancy sont connues depuis la plus haute Antiquité. D’ailleurs, Bourbon ne vient-il pas de Borvo, dieu celte des eaux ? À la croisée de la Nièvre, de la Saône-et-Loire et de l’Allier, cette très belle cité médiévale aux rues étroites et pleines de surprises vaut à elle seule le détour. Lui rendre visite, c’est une bonne façon de saluer le Beurdin, son personnage emblématique dont la sculpture, qui jaillit malicieusement du cadre d’une fenêtre, est une délicieuse curiosité. Bourbon voisine avec la Loire et affiche fièrement son statut de cité thermale. On y traite les rhumatismes chroniques, l’hypertension artérielle et plein d’autres choses encore. On y va aussi pour se refaire la santé, en profitant de Celtô, un remarquable centre de remise en forme avec tout ce qu’il faut dans le genre (piscines, jacuzzi, douches ludiques, pierres chaudes…) accouplé à l’espace Nymphéa dédié aux soins esthétiques. Le Grand hôtel et son très respectable restaurant du Cloître (remarquables viandes charolaises) sont là pour que l’effort soit récompensé. Le soir, le casino local (le seul de la Saône-et-Loire) invite ses visiteurs à jouer quelques euros pour le fun et à savourer de joyeux cocktails tout en appréciant l’un des spectacles que propose aussi cet établissement. On vous le dit quand même en passant, le dernier jackpot en date du 13 mai a rapporté plus de 12 000 euros. Qui sait…
www.celto.fr et www.vikings-casino .

NIÈVRE BORDS DE LOIRE (58)
Charité bien ordonnée

POUR GAGNER La Charité, il faut traverser le Morvan, aller jusque vers les bords de la Loire. Soit deux heures et demi de route pour un Dijonnais tranquille. Ce voyage se mérite car il rappelle que la Bourgogne ne se limite pas à la seule route des grands crus. La Charité, c’est la fille de Cluny. Alors que nous nous battons pour nos climats en Côte-d’Or, cela fait plus de vingt ans que l’Unesco a donné son label à son église Notre-Dame. La Charité, bien ordonnée, c’est un doux mélange de patrimoine et d’art de vivre, d’histoire et de culture aussi. Sacrée ville du livre depuis l’an 2000, elle rassemble une quinzaine de professionnels qui sont eux-mêmes à l’origine de nombreux événements comme le Festival du mot que parraine en fin de printemps l’excellent Alain Rey. Durant la belle saison, à deux pas des fringants coteaux du Charitois (eh oui, on produit aussi du vin ici), le Fol été de la Charité multiplie les propositions. Après le Festival de Piano (du 15 au 17 juillet), les foires aux livres anciens et vieux papiers (17 juillet et 21 août), vient le temps du binaire. Blues en Loire, pour sa neuvième édition, les 26 et 27 août prochain, affiche quelques temps forts avec des joyaux de la catégorie, dont le groupe français Awek ou encore le fantastique showman Lady Kat.
www.lacharitésurloire-tourisme.como .

LORMES (58)
Chansons entre lacs

NOUS SOMMES au cœur du Parc naturel régional du Morvan. Entre le XIXe et le XXe siècles, l’homme a créé des lacs pour la régulation de l’eau et, à la grande époque du flottage, stocker le bois. Les cinq grands lacs du Morvan représentent aujourd’hui 1 500 hectares. Certains ont encore un rôle actif sur les niveaux de  l’Yonne et de la Seine. Surtout, ils attirent près de 60 000 personnes chaque année. Les Settons (1858), Saint-Agnan (1935), Chaumeçon (1935), Crescent (1930) et Pannecière
(le plus grand, avec des profondeurs pouvant atteindre 48 mètres au niveau du barrage !)
offrent une palette impressionnante de loisirs.
Pêcheurs, randonneurs, campeurs et amateurs de loisirs nature sont comblés. Et puisque ces cinq lacs sont tous proches de Lormes, ils peuvent aussi se rendre au Festival de la chanson française (du 21 au 24 juillet), où le traditionnel côtoie la chanson à texte et même le jazz et le lyrique. Au programme, Fabio, Jean Tricot, Chanson plus bifluorée, les Franglaises et tutti quanti. Pour un Morvan décidément très enchanteur.
www-morvan-des-lacs.com et lormes.net .

CLAMECY (58)
La perle des Vaux d’Yonne

LA PERLE des vaux d’Yonne, c’est ainsi que l’on nomme cette ville sous-préfecture de la Nièvre. Clamecy est une pépite dans l’écrin de l’immense forêt des Bertranges, un joyau d’architecture et de traditions artisanales.
Comme ce savoir-faire de la faïencerie notamment, qu’incarne avec passion et constance la maison Colas dirigée par Jeff Colas, le frère du célèbre Alain Colas. C’est ici, en effet, sur les eaux de l’Yonne, que le navigateur de Manureva a pris goût à la mer. Tout comme, un peu plus tard, un certain Luc Bartissol qui prendra le large avec Isabelle Autissier. À l’ombre de sa collégiale républicaine (elle est coiffée d’un drapeau tricolore !) Clamecy est une ville de tempérament qui cumule les facteurs d’étonnement. Capitale incontestable du flottage, elle a aussi une excellente andouillette qui porte son nom. Claude Tillier, un autre de ses enfants, y créa Mon oncle Benjamin, dont l’adaptation cinématographique donnera un drôle de rôle à Jacques Brel. L’humaniste Romain Rolland y est né aussi. En tous points, Clamecy inspire. Un phénomène d’autant plus appréciable qu’on y mange pas mal (l’Angélus, l’Hôtel de la Poste) et que la nature, à une vingtaine de kilomètres de Vézelay seulement, est l’objet d’un véritable émerveillement. On vous conseille enfin de pousser un peu plus loin le voyage jusqu’à Varzy, pour découvrir le surprenant musée Auguste Grasset, un immense cabinet de curiosités qui vous fera voyager de la Mésopotamie aux arcanes de la musique sonorisée. www.clamecy.fr .

YONNE (89) TONNERROIS
Les mystères de l’histoire

MI-HOMME, mi-femme, l’espion romanesque (et pourtant bien réel) Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d’Eon de Beaumont, plus connu sous le nom de chevalier d’Eon, était à l’image de sa ville: aventurier et mystérieux. Aventurier, il faut l’être pour plonger dans les eaux vertes et (justement) mystérieuses de la Fosse d’Yonne, une source vauclusienne qui circule dans une galerie de plus de 360 mètres de longueur, l’une des plus difficiles à explorer en France. Entre vignobles et patrimoines, Tonnerre offre aussi le spectacle permanent de l’histoire. Ce territoire est le lieu de naissance d’Alfred Grévin, le créateur du musée éponyme. Sans lui, on se plaît à imaginer que beaucoup de nos célébrités n’auraient pas eu leur réplique en cire. Cité vivante, Tonnerre s’anime tout au long de l’été: Garde républicaine en concert le 22 juillet, expositions de peinture à la Galerie Bouchez (jusqu’au 24 juillet) et à Sainte-Vertu (l’Art d’être une femme, jusqu’au 31 juillet); et même trail dans le proche château de Tanlay le 4 septembre. Ancy-le-Franc n’est pas loin non plus. Il faut avoir visité et remonté le temps avec l’Hôtel-Dieu de Marguerite de Bourgogne pour comprendre le sens de l’histoire en Tonnerrois .
www.ville-tonnerre.com .

JOIGNY (89)
Nuits maillotines

ASSURÉMENT l’un des plus beaux détours de France. Avec son exceptionnel patrimoine Renaissance, la cité jovinienne s’organise en hauteur, derrière les quais de l’Yonne, imposante et gracieuse. Ses maisons à pans de bois constituent le fil conducteur de visites nocturnes plutôt insolites, animées par des musiciens et des comédiens.
Ces Nuits maillotines commencent à 21 heures. Historique, Joigny se révèle alors féérique et culturelle. Et quand le jour se lève, elle redevient vite gourmande. Joigny est le fief des Lorain, trois étoiles au Michelin de père en fils, dont le prestigieux établissement porte le nom de la Côte Saint-Jacques, qui est aussi celui d’un vignoble ressuscité dans les années 70. Jadis, le « vin gris » arrosait les comptoirs de Paris via le flottage.
Alexandre Dumas a même écrit qu’il était le vin préféré de Jean de la Fontaine. Dans ce pays de forêts, de rivières et de vignobles, où l’art contemporain n’est pas laissé pour compte (l’Espace culturel), tout comme l’artisanat populaire (l’extraordinaire musée de Laduz, entre Joigny et Auxerre), la palette des propositions est large. De quoi composer de bien agréables séjours .
www.tourisme-joigny.fr .

PUISAYE-FORTERRE (89)
Vies et levis de château

PLUS DE 300 000 personnes en deviennent dingues chaque année. Seule forteresse médiévale au monde en construction, géniale idée qui consiste à faire du BTP à l’époque des preux chevaliers un show sur plusieurs décennies, le château de Guédelon a bousculé toutes les idées reçues. Grâce à lui, à ses dizaines d’ouvriers habillés comme au Moyen-Âge, on redécouvre les méthodes oubliées et on voit se dresser, d’une saison à l’autre, la plus authentique copie de château fort jamais imaginée. Guédelon c’est aussi la Puisaye-Forterre. Au pays de Colette (voir son musée au château de Saint-Sauveur), point d’ennui. Saint-Amand-en-Puisaye est le village de référence des potiers. Tannerre-en-Puisaye honore le loup et ses légendes dans un lieu que l’on visite… à la lampe électrique (03.86.45.41.52). Si on y ajoute l’extraordinaire Parc de Boutissaint (400 hectares pour 400 grands animaux des forêts d’Europe !) les grands spectacles du château de Saint-Fargeau (600 figurants), ou encore les désopilants cyclorails qui déambulent sur 16 kilomètres d’une ancienne voie ferrée, il semble difficile d’ignorer que l’endroit est magique .
www.cyclorail.com,
www.guedelon.com,
www.chateau-de-st-fargeau.com,
www.boutissaint.com,
www.ot-puisaye-nivernaise.fr .

CÔTE-D’OR (21) VAL DE SAÔNE
Nature avant tout

LE CONCEPT commence à bien essaimer en Bourgogne. « L’Écopagayage » est un moyen original de découvrir la faune et la flore, les légendes et les particularités locales à bord d’un canoë, le tout dans le respect de l’écosystème. Ainsi, sur la Saône et l’Ognon, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Dijon, des clubs proposent des circuits de 2 heures, d’une demi-journée ou plus, à bord de canoës de 2 à 3 places. Au départ d’Heuilley-sur-Saône ou d’Auxonne, topoguide et audioguide en main, les Indiana Jones en herbe peuvent partir à la découverte du râle des genêts et de la richesse du biotope. Côté nature toujours, le Val de Saône est aussi un formidable terrain pour la randonnée pédestre. Du bonheur plein les poumons, que l’on peut encore « doper » en empruntant, chacun à son rythme, les voie vertes et voie bleues qui traversent le secteur. Le tout, formidablement expliqué et mis en avant par un site créé justement pour ça : la Maison de l’Eau, de la Nature et de la Pêche à Heuilley-sur-Saône. Silence, on respire.
www.cc-pontailler-sur-saone.fr
et www.pays-saone-vingeanne.fr .

Pays Beaunois Pommard c’est pop art

ELLES SONT LÀ, elles vous attendent, disponibles et ouvertes à tous les fantasmes : les femmes de Josépha, libres et abandonnées ont en elles la débauche colorée et élégante du Pop Art.
Dans la cour du château, sexe à l’air, elles ont de quoi damner l’immense (5 mètres de hauteur !) reproduction du David de Michel Ange.
Le Pop Art et le Street art à Pommard, en voilà donc une excellente idée… D’autant que la galerie maison, qui a déjà accueilli des œuvres de Dali et Picasso, propose cette année d’exceptionnelles sérigraphies originales d’Andy Warhol, Tom Wesseimann, Keith Hring ainsi que de nouvelles sculptures de Dali, Julian Marinettu, Richard Orlinski.
Sans oublier Folon, dont le génie est venu prendre place dans cet univers particulier, une performance que l’on doit à la collaboration intelligente entre le château de Pommard et les galeries Bartoux.
Il faut donc profiter de cette incroyable exposition, visible jusqu’à la fin novembre, pour apprécier du même coup un cadre patrimonial exceptionnel qui prend une place de plus en plus importante en Côte-d’Or.
Cela, d’autant plus que ses vins vinifiés par Emmanuel Sala et sa table d’hôte confiée aux bons soins de la Beaunoise Maria, lui ont redonné une nouvelle dimension .
www.chateaudepommard.com,
www.art-en-bourgogne.comr .

FLAVIGNY-SUR-OZERAIN (21)
Ça sent bon l’anis.

CATHERINE TROUBAT a le don d’ubiquité. La patronne de la fabrique des Anis de Flavigny, récemment décorée de la légion d’honneur, est tellement engagée au service de son bien bon bonbon blanc, qu’il est difficile d’échapper, en Bourgogne, à la présence de la légendaire petite boîte en métal sur laquelle on voit un berger en conter plus d’une à sa bergère. Mais c’est à la source qu’il faut aller humer les senteurs de l’anis. À Flavigny-sur-Ozerain, l’un des plus beaux villages de France. Dès les premiers pavés de ses rues étroites, se libère un parfum qui rappelle ce que l’on crée ici, ce qui fait la réputation du pays. Flavigny, c’est aussi un lieu hautement spirituel qui héberge plusieurs communautés. Vous ne serez donc pas surpris, en vous rendant à la Grange, la table d’hôtes imaginée et animée par une douzaine d’agricultrices, de croiser quelques soutanes. À voir aussi, la Maison des arts textiles et du design, conçue par le designer Daniel Algranate, dans l’ancienne maison de justice locale.
Et puis, ne pas oublier non plus que Fontenay et son abbaye universelle ne sont pas très loin… .
www.algranate.com,
www.anis-flavigny.com,
www.flavigny.com .

 



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