Christian Cau, président du tribunal administratif : « Des réponses plus rapides de la justice »
31/08/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 260 | Par Aurélien Gaudriot
La Gazette a rencontré vendredi le nouveau président du tribunal administratif de Dijon, Christian Cau. Après un accueil « à la polynésienne », il a défini deux priorités : réaliser l’extension ou le déménagement du tribunal et surtout réduire les délais de jugement.

IL N’AVAIT PAS prévu le collier de fleurs pour notre arrivée, mais son sourire était des plus accueillants. Ancien président du tribunal administratif de la Polynésie française, Christian Cau a quitté Papeete après trois années d’exercice, avec le collier de coquillages autour du cou et une affectation pour Dijon. Même s’il en garde « un excellent souvenir » de par l’accueil qu’il a reçu, les « paysages inoubliables », la Polynésie française est loin d’être un lieu de villégiature. En effet, Christian Cau a dû composer avec « des règles autonomes » inhérentes à la Polynésie. « Être président du tribunal administratif de la Polynésie française oblige à une gymnastique intellectuelle assez particulière ! Parvenir à concilier le droit d’État et le droit de la Polynésie, c’est un travail stressant mais intéressant, a-t-il expliqué. Cela amène beaucoup de contentieux que nous n’avons pas en France métropolitaine. » À Dijon, il retrouve des contentieux ordinaires « même s’ils ont sensiblement évolué ».
À 57 ans, cet ancien vice-président de tribunal administratif de Bastia, Grenoble et Nîmes occupe à Dijon son deuxième poste de président. Nommé à Dijon le 1er août 2011, il est satisfait de son arrivée dans la Cité des Ducs : « Dijon n’est pas un choix imposé, alors que je m’étais retrouvé par hasard en Polynésie française. Je connaissais déjà Dijon pour y avoir des amis et j’avais assisté à une conférence des présidents en 2004. La région m’avait laissé une excellente impression. Je suis arrivé par la route des vins donc j’ai pu apprécier les paysages. Dijon est une belle capitale régionale. » Séduit par son nouvel environnement, il pourra se mettre sereinement au travail. Cela tombe bien, Christian Cau s’est fixé des objectifs élevés.
Pour lui, deux priorités. La première sera « l’extension ou le déménagement » du tribunal administratif de Dijon, dont les locaux sont trop exigus. « Mes équipes ont besoin d’avoir des locaux adaptés afin de travailler dans de bonnes conditions. L’accord de Paris a été donné. Reste à connaître les délais… » Christian Cau estime que l’actuelle salle d’audience est « ridicule » et qu’en cas d’affaires importantes, « elle ne permettrait pas d’assurer la sécurité nécessaire ». La seconde priorité concerne la rapidité de gestion des dossiers. Actuellement, le délai moyen de jugement est d’une durée d’un peu moins d’un an et demi. Dijon est déjà en avance en France mais Christian Cau estime être capable, avec ses équipes, de ramener ce délai moyen « à moins d’un an ». Il faut dire que le nouveau président disposera de quinze magistrats (un magistrat de plus que la normale) pour l’année 2011-2012. « C’est la première fois depuis 2003 que j’ai le nombre normal de magistrats ! » Il espère ainsi améliorer encore les résultats de son prédécesseur Étienne Quencez, nommé le 1er mars au tribunal administratif de Lyon : « Mon prédécesseur n’a pas eu la chance d’avoir les mêmes moyens que moi. En ayant plus de magistrats, j’aurai probablement de meilleurs résultats. Nos concitoyens attendent des réponses plus rapides de la justice. » Christian Cau tentera de satisfaire leurs attentes .
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