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Le débat : DSK : mort politiquement ?

31/08/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 260 | Par D.R.

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Chaque jeudi une question d’actualité et deux intervenants qui s’opposent. Face à face cette semaine Dominique Bruillot, éditeur de Dijon Beaune Mag et Jérémie Demay, journaliste à la Gazette.

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OUI

DSK A BEAU être salué par les applaudissements des employés du FMI qui ont apprécié son mea culpa de lundi dernier, il aura beau faire une intervention chargée d’émotion dès son retour en France, sa mise en pâture subie durant cette déplorable affaire devrait lui être fatale du point de vue politique. Ses qualités d’homme d’État et d’expert mondial de la finance ne sont pas en cause. Là n’est pas le problème. La condamnation vient de l’évocation de quelques traces d’ADN, à jamais indélébiles dans les esprits, qui font qu’une grande majorité de la population française s’accorde à dire qu’on ne peut confier les rênes de notre destin à quelqu’un de fragilisé dès la première éjaculation. DSK n’est pas Bill Clinton et Nafissatou Diallo n’a rien d’une Monica Lewinski. Ce « Nafissagate » regrettable fait remonter à la surface les témoignages accablants. Subsiste aussi un doute d’une rare violence à propos d’une éventuelle agression sexuelle, qui dépasse de très loin les volutes anecdotiques (et parfois comiques) de « l’aventurette » buccale de Washington. Cette surexposition médiatique et menottée a agité l’opposition symbolique entre une pauvre femme noire des bas quartiers et la toute puissance d’un homme soutenu par les milliards de son épouse. Bien des codes ont été cassés, notamment sur le terrain de l’idéal. DSK, faut-il le rappeler, s’était lui-même donné pour mission de représenter un concept social. Dans les familles moyennes, on se plie en huit pour boucler les fins de mois et on se bat chaque jour pour tenir l’unité du cercle familial. Ce scénario improbable et parfois écœurant ne fait donc que renforcer un mépris de la classe politique qui devient le seul véritable élément de croissance en temps de crise durable. Cela risque de gêner considérablement les « amis » tentés de remettre DSK sur le devant de la scène. En politique comme dans la vie, peut-être plus encore en politique, la fidélité n’est pas à toute épreuve .

Dominique Bruillot

NON

ES TROIS QUARTS des Français (sondage BVA-Orange-Journal du Centre-RTL 26/08/11) ne souhaitent pas que Dominique Strauss-Kahn intervienne dans la primaire socialiste. Ils ont raison. Comme l’a souligné François Patriat, ardent défenseur de DSK (gazetteinfo, 23/08/11) : « Cette affaire pèse sur son image. » Une réputation écornée, mais rien n’est définitif. Si dans les pays anglo-saxons, le moindre faux-pas d’un élu le couvre d’opprobre, en France il n’en est rien. Les exemples sont légion : les écoutes de l’Élysée sous François Mitterrand, les affaires plus que douteuses de Jacques Chirac, le financement étrange de la campagne d’Édouard Balladur en 1995, les faux électeurs, les emplois fictifs, sans oublier toutes les histoires de passe-droits issues de la république des copains… Pourtant, pas ou trop peu de démission. DSK, lui, reviendra en France en incarnant le comte de Monte-Cristo. Il lui faudra un peu de temps pour se reconstruire. Au début, il ne participera pas aux débats. Il ne faut pas se leurrer non plus, en cas de victoire de la gauche, ou d’un gouvernement d’ouverture, il n’aura, dans un premier temps, aucun portefeuille. En revanche, il recevra, à n’en pas douter, des missions spécifiques. Même si l’ombre du cas Banon plane sur sa tête. Et puis, si l’exécutif français lui échappe, la direction de l’Europe reste largement envisageable. Ni la France, ni l’Europe ne peuvent se passer de l’expertise de DSK .

Jérémie Demay



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