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Un plan anti ivresse à Dijon

26/10/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 268 | Par Aurélien Gaudriot

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Tapage nocturne, dégradations, violence… La vie nocturne dijonnaise est de plus en plus troublée par des personnes en état d’ivresse sur la voie publique. Pour stopper cette tendance, la police a décidé de mettre en place un plan anti ivresse à Dijon.

Jeudi soir, une ou plusieurs soirées étudiantes sont généralement organisées à Dijon. Il s’agit là du coup d’envoi d’un weekend nocturne souvent très agité dans les rues du centre-ville où se concentrent les débits de boissons. Si certains savent s’amuser sans « se défoncer la tête », de nombreux jeunes boivent jusqu’à en perdre la raison… Un phénomène pas réellement nouveau mais qui ne cesse de prendre de l’ampleur. « Nous observons de plus en plus de rassemblements de jeunes au centre-ville qui se promènent bouteille d’alcool à la main, note François Perrault, directeur départemental de la sécurité publique. Cela concerne de plus en plus de jeunes filles. Et nous constatons aussi que les tapages nocturnes, les rixes et les dégradations se multiplient… » Cris à cinq heures du matin, poubelles éventrées, bris de bouteilles, rétroviseurs fracassés, mais surtout agressions de tous types… « Des jeunes alcoolisés sont parfois pris pour cible car ils sont des proies faciles pour des bandes qui ne viennent que par plaisir de se battre ou de voler. On doit attaquer les auteurs d’infractions, mais aussi prendre en compte les victimes. »
Si la situation n’a rien à voir avec les débordements d’antan de la mythique rue de la Soif à Rennes, elle est suffisamment préoccupante pour que la police muscle son dispositif. Il y a cinq ans, les épiceries de nuit se sont vu interdire la vente d’alcool à partir de 22 h. Le 11 octobre dernier, un arrêté municipal interdit la consommation et la détention d’alcool dans certaines rues du centre-ville entre 23 h et 5 h du matin. En cas d’infraction, la police demande aux personnes concernées de se débarrasser de l’alcool sous peine de recevoir un procès-verbal de première classe. Une mesure applaudie par les débitants de boissons qui craignent qu’un manque de sécurité finisse par freiner leur activité. Mais ce n’est pas tout. Désormais, du jeudi soir au dimanche matin, deux véhicules de police seront spécialement dédiés au ramassage des Dijonnais en état d’ivresse. Plusieurs autres patrouilles effectuent leurs rondes habituelles.
Plus de moyens pour dissuader les débordements, mais également un travail facilité par la présence d’un médecin (de SOS Médecins) lors de ce type d’intervention. Auparavant, les policiers devaient systématiquement emmener la personne en état d’ivresse à l’hôpital pour se voir délivrer un certificat de non-hospitalisation. « Il ne faut pas prendre de risques. L’épilepsie présente des signes cliniques similaires à ceux de l’ivresse. La personne peut souffrir d’un traumatisme crânien etc. » Un passage obligé qui avait l’inconvénient d’immobiliser une équipe de police pendant parfois une heure. « Elle n’est donc plus disponible pour effectuer ses missions de surveillance » regrette le commissaire divisionnaire. Désormais, les personnes ivres sont diagnostiquées au commissariat et rejoignent directement la case cellule de dégrisement. En plus d’optimiser le travail des policiers, les hôpitaux sont débarrassés d’une « mauvaise population ».
Les équipes de police dijonnaises ont expérimenté le dispositif anti ivresse les nuits du 14 au 16 octobre, notamment dans la rue Berbisey, considérée en quelque sorte comme l’œil du cyclone. « C’est impressionnant le nombre de personnes qui boivent et qui discutent dans cette rue. Jusqu’à minuit, c’était très convivial donc ça ne posait pas de problèmes. Mais le deuxième soir, on a retrouvé une personne le visage ensanglanté… » François Perrault explique même que cette année deux bagarres s’étaient conclues par un œil crevé. Lors de l’expérimentation, les rapports entre jeunes et policiers ont souvent été courtois : « On a cherché à informer les gens plus qu’à verbaliser. Généralement, ils sont compréhensifs et acceptent ces mesures. Nous avons tout de même dû utiliser la force contre un groupe très fortement alcoolisé. On ne peut plus tolérer ces débordements… » À noter que des actions de sensibilisation continuent d’être menées auprès des étudiants. Les organisateurs de soirées étudiantes sont d’ailleurs systématiquement reçus par la police pour leur rappeler leurs responsabilités. Le dispositif anti ivresse sur la voie publique sera systématiquement mis en place chaque weekend.…



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