Le prince Reynet
23/11/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 272 | Par Jérémie Demay
Baptiste Reynet, 21 ans, est un surdoué des buts. Après un concours de circonstances, il devient le premier gardien du DFCO. Depuis, il a même revêtu le maillot de l’équipe de France. Retour sur un début de saison de rêve.

« DANS LE FOOTBALL ça va très vite » déclarait Baptiste Reynet après le match face à Lorient pour la troisième journée de Ligue 1. C’était son deuxième match à ce niveau. À l’origine, Baptiste est arrivé de Martigues (CFA) à Dijon pour être la doublure de Jean-Daniel Padovani. Ce dernier avait été l’un des artisans principaux de la montée en Ligue 1. « Pado » rassurait par son calme et son efficacité sur la ligne. Sa décontraction naturelle ne gâchait rien au personnage. Mais dès le premier match de la saison, contre Rennes, Dijon coule face aux attaques bretonnes et s’incline lourdement 5 buts à 1. La défense peut beaucoup s’en vouloir à cause de grosses approximations dans son placement et d’une lecture du jeu très aléatoire. Malheureusement pour Pado, Patrice Carteron, le coach dijonnais, lui retire sa place de titulaire au profit de Baptiste Reynet. L’entraîneur voulait-il faire réagir son groupe à travers Padovani ? Cette non-titularisation ne devait-elle être que transitoire ? Difficile à dire.
Le talant de Baptiste, n’a pas laissé la place au doute. Sa titularisation n’est plus discutable. Éblouissant dans ses sorties, intraitable sur les arrêts réflexes, Baptiste sait faire de ses faiblesses une force. Il manque d’expérience en haut niveau ? Pas de problème, son insouciance lui permet des gestes et des prises de risque dignes des plus grands. « Je prends beaucoup de recul sur les matchs. C’est du foot, il faut se faire plaisir. Après, j’ai la confiance du coach et de mes partenaires. Cela me permet de jouer libéré. » Padovani, l’an passé était le grand frère du groupe. Même si Baptiste lui a pris sa place, une fois l’amertume passée, il reprend ce rôle de tuteur. Malgré la concurrence du haut niveau, une complicité se construit peu à peu. Pado donne des conseils à Reynet. Même après une contre-performance, le grand-frère épaule son remplaçant. « Nous sommes assez complices » explique Baptiste. « Lors du match contre Marseille (Dijon perd 3-2), je passe à travers sur le troisième but. Il est venu me parler à la fin du match en me disant des choses positives. Il n’aurait pas eu cette attitude si on ne s’entendait pas bien ! Ça m’a fait super plaisir. Je suis en concurrence avec lui, mais je peux aussi compter sur lui. » Malgré son statut de révélation et de futur grand du football, quand Baptise parle de Jean-Daniel, ses mots sont remplis de respect : « Ça fait quinze ans qu’il évolue en haut niveau. Tout ce qu’il a à me dire je le prends comme un conseil. Même quand c’est négatif. Tout à l’heure à l’entraînement, sur une prise de balle que j’ai mal contrôlée il m’a dit « si tu l’attaques plus, le ballon restera dans tes mains. » Ce sont des conseils que je prends et que je garde précieusement. »
Baptiste Reynet n’a joué que treize matchs en Ligue 1. Et pourtant, il tape déjà dans l’œil de la fédération qui l’a sélectionné pour l’équipe de France espoir. Un rêve de gosse, un objectif que tout footballeur a dans un coin de sa tête. Lui qui évoluait l’an passé encore sur les pelouses de CFA se retrouve non seulement titulaire en L1, mais aussi en sélection à Clairefontaine ! « Je n’étais jamais allé là-bas. J’ai vu le château des A ! » s’enthousiasme Baptiste. « Quand on m’a donné mon paquetage je me suis dit : « Ça y est, je suis en équipe de France. C’est dur à réaliser sur le coup. C’est comme pour mon premier match en L1, au début je n’y croyais pas. » Souvent, quand on évoque avec des nouveaux en équipe de France leur plus forte émotion, tous sports confondus, les réponses se ressemblent : le coq sur le cœur, ou porter la tenue tricolore. Pour Baptiste Reynet : « C’était chanter la Marseillaise. J’ai ressenti beaucoup d’émotion. Ça fait très bizarre. Je ne pensais pas aller en équipe de France un jour. »
Baptiste, au-delà de l’aspect émouvant de sa réussite et de son ascension si rapide, a un côté attachant. Il garde les pieds sur terre. Il n’est pas un parvenu du football, mais un surdoué qui a eu de la chance. Malgré son nouveau statut, il n’oublie pas d’où il vient. Baptiste Reynet est un exemple de la politique de recrutement du DFCO. Savoir dénicher des joueurs inconnus mais bourrés de talent. Les accompagner dans leur épanouissement en leur faisant confiance est la philosophie du club dijonnais .
Revenir en haut de page





























